Patton

Créé autour de la complémentarité des frères Sam et Max Bodson, Patton s’est formé en Belgique dans les années 90. Love Boat, leur premier  EP, enregistré avec l’aide du bassiste Philippe Koeune, paraît sur Prohibited Records en 1997. C’est sous une forme anguleuse et résolument électrique que le groupe se déploie alors, les textes marqués d’une approche narrative contrastant les atmosphères abstraites et post-rock. Composé sur cette même base, l’album J-R for jaune-rouge, produit par f.lor, sort en 2002.

Après l’intérêt suscité par J-R for jaune-rouge, les deux frères passent par une phase réflexive. Frappés alors par le son brut du blues rural des années 30, par la musique de Mississippi John Hurt notamment, Patton retravaille et reformule son rock’n roll. Exposés à des musiques plus « primaires » comme celles de John Fahey ou d’AC DC, ils élaguent le son, et à l’aide d’instruments acoustiques mais aussi d’objets électroniques home-made, ils plongent leur musique dans une émotion brute et contrastée.

Ils sortent leur 2e album Hellénique Chevaleresque Récital en 2010. Le groupe se résout alors à la formule du duo. Max alterne guitare acoustique et électrique et joue les basses, Sam est à la batterie et aux éléments électroniques. Tous deux construisent un univers vocal singulier en confrontant leurs voix. Ils usent de leurs talents d’expérimentateurs DIY, enfouissant des drones au cœur de leur musique teintée de sonorités blues. C’est grâce à ce mélange de sons, et d’une combinaison singulière de textes chantés tour à tour en français et en anglais que Patton créée une musique séquentielle, ponctuée de bribes en cut-ups.

C est le titre de leur troisième album. Prolongeant la forme du duo, Patton y développe encore plus l’expérimentation harmonique (vocale et synthétique). Ils aiment y confronter des textes surréalistes formés de bribes de langues différentes à des sons de synthétiseurs en tout genre dans une orientation résolument rock. Les voix deviennent des instruments de musique à part entière. Intégralement enregistré par les deux frères qui envisagent la prise de son et le mixage comme des étapes inhérentes à leur composition musicale, “C“ est composé de 8 titres. Au fil de l’écoute, des univers harmoniques différents s’enchainent en formant un ensemble cohérent, surprenant et orchestral.